Extrait Chapitre VII Vie quotidienne à Mostaganem

Notre immeuble abritait des familles dont les épouses n’exerçaient aucune activité professionnelle. Résolution féminine ou contrainte de la société coloniale ? Seuls les maris et les jeunes adultes possédaient un emploi, soit sur le port ou dans les entreprises de transports et de construction, soit dans les administrations et dans tous les autres secteurs d’activité pourvoyeurs de postes. La gent féminine dans les années soixante était confinée aux tâches ménagères et à l’éducation des en...
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Extrait Chapitre VII Mariage d’Antoinette et de Sauveur

Ce matin-là, le plateau Saint-Michel se secouait lascivement, après une douce nuit à dormir sous les constellations du ciel méditerranéen. Les lampadaires, pareils à des lucioles endormies, éclairaient encore les rues humides de rosée, et les premiers marchands nettoyaient à grande eau les trottoirs devant leurs devantures, rejetant dans les caniveaux les papiers et les détritus, vestiges inanimés de la vie nocturne du quartier. Peu à peu les voitures pétaradantes envahissaient la chaussée luis...
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Extrait Chapitre I La nuit en balancelle

La proue surélevée de la balancelle semblait fendre la ligne d’horizon couleur grenade orangée, comme la lame acérée d’un couteau, un fruit mûr. La grand-voile gonflée par les vents poussait le bateau dans la bonne direction et claquait fortement quand le capitaine donnait des coups de barre maintenant le cap ou pour éviter les vagues qui frappaient la coque sans ménagement. Suite au transbordement dans la balancelle gréée pour le transport de marchandises ou la pêche en haute mer, la famil...
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Extrait Chapitre IV L’étendard de la Maison Riccio

    « Tarou » posa son pied droit sur le dernier barreau de l’échelle en bois qui lui avait permis de grimper sur la toiture de notre immeuble, situé au n° 16 de la rue Jean-Bart à Mostaganem. Il redescendait après son exploit : il avait ceinturé fortement la hampe de l’étendard noir de l’OAS autour de la souche d’un conduit de fumée. Son action avait été applaudie par les mères de famille,  certaines d’entre elles l’avaient, radieuses, embrassé...
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Extrait Chapitre II La Maison RICCIO

Guy et Patrick, mes deux jeunes frères jouent à l’extérieur de la Maison Riccio – la maison qui nous abrite ainsi que huit autres  familles porte le nom de sa propriétaire, une gentille femme, assez âgée – avec d’autres enfants. Un grand terrain vague compris entre l’école religieuse des filles, notre immeuble, délimité par trois rues perpendiculaires, sert de terrain de jeux et d’aventures à la plupart des enfants de ce quartier de la Marine. Il est très bien situé car sous les regar...
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Extrait Chapitre VI 16, rue Jean-Bart Mostaganem

Mes deux frères, Guy et Patrick, sont nés à Mostaganem. Après ma naissance et la mutation professionnelle de mon père, cette belle ville située à 83 km d’Oran nous a accueillis.      Le port était en pleine expansion et exercer le métier de « pointeur » sur les quais dans une importante compagnie d’acconage maritime et d’import-export d’agrumes était la grande fierté de notre père.      Peut-être par mimétisme, volontai...
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Extrait Chapitre V Mers el Kébir

La mer somnole par-delà la digue qui ferme la rade de Mers el-Kébir. En ce début de matinée le vent est atone, le bleu de la mer translucide, quelques nuages échevelés à l’ouest,  font la course lentement dans l’azur du ciel. Assez loin du port, par-dessus le mont Murdjajo et dans la direction de Santa Cruz, Oran se prélasse en cette belle matinée d’été. Le port commercial, au bas de la corniche, est en petite activité, pour recevoir les navires et bateaux de la marine marchande qui accostent a...
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Extrait Chapitre IV Le port de Mostaganem

     La très longue jetée du port avait été construite quelques années avant que notre famille – papa avait été muté par sa société oranaise – ne s’installât dans le quartier dénommé « La Marine », au premier étage d’une grande maison dite « RICCIO » ­– c’était plutôt un immeuble car il abritait neuf familles en 1960 au numéro 16 de la rue Jean-Bart – le fameux corsaire français.      Cette nouvelle jetée augmentait l...
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Extrait Chapitre III Rencontre amoureuse

Ce soir c’est la fête au village. Le quartier de la Marine à Oran ressemble à un  pueblito  espagnol. Les odeurs des plats cuisinés s’échappant des maisons, les sons de la musique jouée dans les auberges et dans les lieux de débauche, les cris des enfants jouant dans les ruelles, les habits des hommes et des femmes, et les relents des petits poissons croupissant dans les filets des pêcheurs qui sèchent dans les ruelles en pente, tout rappelle l’Espagne du début du siècle. Nous sommes ...
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Extrait Chapitre III Les appelés de 14/18

À l’hôpital de Tricot, Raphaël Costa est pris en charge par les infirmiers militaires de la 9e section qui posent un garrot sur sa jambe, un bandage tout autour de sa poitrine qui a été déchirée sur une dizaine de centimètres. Ses blessures sont profondes et hémorragiques et les médecins sont pessimistes. C’est l’affolement général dans les couloirs où s’entassent pêle-mêle les civières et les corps des blessés plus légers. Certains sont assis sur des chaises, d’autres debout appuyés contre les...
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